L’essentiel
- Un crédit renouvelable mensualisé peut entraîner une inscription après deux échéances consécutives impayées, et non après un seuil général de 500 euros.
- Dans certaines situations, des sommes exigibles d’au moins 500 euros restées impayées après mise en demeure peuvent aussi caractériser un incident.
- Avant la déclaration au FICP, le prêteur doit vous informer et vous laisser 30 jours calendaires pour régulariser l’incident.
- Le FICP concerne les incidents de remboursement de crédits, tandis que l’interdiction bancaire liée aux chèques relève d’un autre fichier.
- L’inscription ne supprime pas la dette : vous restez tenu de rembourser les sommes dues selon les règles applicables.
Pour un crédit renouvelable remboursé par mensualités, un impayé peut conduire au FICP lorsque deux échéances consécutives restent impayées. Il n’existe donc pas un seuil unique en euros applicable à tous les crédits renouvelables : le seuil de 500 euros concerne une autre situation prévue par les règles du fichier.
L’inscription n’est pas immédiate au premier rejet de prélèvement. Le prêteur doit vous informer de son intention de déclarer l’incident et vous accorder 30 jours calendaires pour régulariser. Vérifiez le montant réclamé et la date limite indiquée dans le courrier, car le règlement nécessaire dépend de la situation exacte du crédit.
À quel moment un impayé de crédit renouvelable peut-il conduire au FICP ?
Le Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, ou FICP, recense certains incidents de paiement liés aux crédits souscrits par des particuliers. Il est géré par la Banque de France et consulté par les prêteurs, notamment lorsqu’ils étudient une demande de crédit. Une inscription peut donc peser dans l’examen d’une nouvelle demande, mais elle ne constitue pas à elle seule une interdiction générale d’emprunter.
Pour un crédit renouvelable, la situation la plus courante est celle d’échéances mensuelles qui ne sont pas payées. Le premier retard déclenche généralement des relances et peut entraîner des frais prévus par le contrat, mais il ne signifie pas automatiquement que vous êtes inscrit au FICP. Les conditions d’inscription sont définies par des critères précis et le prêteur doit respecter la procédure d’information préalable.
Quels incidents de paiement peuvent être déclarés ?
Les critères varient selon la manière dont le crédit doit être remboursé et la nature des sommes réclamées. Pour comprendre votre situation, repérez d’abord si le prêteur réclame des mensualités prévues au contrat ou s’il demande désormais le règlement d’une somme devenue exigible après une mise en demeure.
Deux échéances mensuelles consécutives restent impayées
Pour un crédit remboursé tous les mois, le non-paiement de deux échéances consécutives peut constituer un incident caractérisé. Le critère porte sur les mensualités successives restées impayées, pas sur un montant minimal général de dette. Si votre mensualité est de 90 euros et que deux échéances successives de ce montant restent dues, l’impayé atteint 180 euros : le montant inférieur à 500 euros ne suffit pas, à lui seul, à écarter le risque d’inscription.
Un prélèvement rejeté ne permet pas toujours de savoir si l’échéance est encore impayée : vous avez peut-être effectué un paiement par un autre moyen, ou un règlement partiel a pu être pris en compte. Consultez le relevé du crédit et demandez au prêteur le détail des échéances considérées comme dues. La façon dont un paiement partiel est imputé peut modifier le montant restant à régulariser.
Des sommes exigibles restent dues après une mise en demeure
Une autre situation concerne des sommes devenues exigibles et restées impayées après une mise en demeure. Lorsque le montant concerné atteint au moins 500 euros et demeure impayé pendant le délai prévu après cette mise en demeure, un incident peut également être déclaré. Ce critère ne doit pas être confondu avec celui des deux mensualités consécutives d’un crédit mensualisé.
Cette situation peut notamment se présenter si le prêteur réclame un solde exigible au lieu des seules mensualités en retard. Vérifiez alors le fondement de la somme demandée, la date de la mise en demeure et le délai mentionné. Si vous contestez le calcul ou la possibilité de réclamer immédiatement tout le solde, demandez les explications et justificatifs par écrit.
| Situation | Critère à vérifier | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Crédit remboursé par mensualités | Deux échéances mensuelles consécutives restent impayées. | Il n’existe pas de seuil général de 500 euros pour ce critère. |
| Échéances qui ne sont pas mensuelles | Une échéance reste impayée au-delà de 60 jours. | La périodicité prévue au contrat compte. |
| Sommes exigibles après mise en demeure | Au moins 500 euros restent dus après le délai prévu suivant la mise en demeure. | Il faut examiner le montant, le courrier et les dates. |
Quel avertissement reçoit-on avant une inscription au FICP ?
Avant de déclarer l’incident, le prêteur doit vous adresser une information écrite indiquant qu’une inscription au FICP est envisagée. À compter de cette information, vous disposez de 30 jours calendaires pour régulariser la situation à l’origine de l’incident. Le délai court selon les indications du courrier : conservez-le et notez sa date de réception ainsi que l’échéance qu’il fixe.
Cette information spécifique ne se confond pas forcément avec une relance habituelle, un avis de rejet de prélèvement ou une mise en demeure. Ces courriers peuvent avoir des fonctions différentes et des délais distincts. Une relance qui réclame une mensualité ne vous indique pas nécessairement que le prêteur a engagé la procédure de déclaration au FICP.
Le délai de 30 jours est une possibilité de régularisation, pas une garantie d’effacement de la dette. Pour éviter la déclaration au titre de l’incident signalé, vous devez payer les sommes qui permettent effectivement de le régulariser. Si le prêteur réclame seulement les échéances en retard, le montant à payer peut différer de celui demandé lorsqu’il considère que le solde entier est exigible.
Que faire dès que vous recevez un avis de fichage ?
Agissez à partir des informations écrites, même si vous pensez pouvoir payer rapidement. Une erreur de montant, un règlement non rapproché ou un désaccord sur les sommes exigibles se traite plus facilement avec des relevés et des justificatifs. Si vous aviez déjà un retard avant cet avis, les réflexes décrits dans notre page sur la première mensualité impayée d’un crédit renouvelable peuvent aussi vous aider à organiser vos échanges avec le prêteur.
Une démarche en quatre étapes
1. Reconstituez le montant réclamé
Comparez le courrier, le relevé mensuel et vos preuves de paiement. Demandez un décompte qui distingue les échéances échues, les sommes déjà réglées et les éventuels frais.
2. Vérifiez l’incident visé
Demandez si le prêteur retient deux mensualités successives impayées ou une somme exigible après mise en demeure. Faites préciser les échéances et les dates prises en compte.
3. Régularisez ou contestez par écrit
Si le montant est juste et que vous le pouvez, payez dans le délai et gardez la preuve. Si vous contestez, exposez précisément les raisons et joignez les justificatifs, sans laisser passer l’échéance de réponse.
4. Demandez confirmation du traitement
Après paiement ou accord écrit, demandez si l’incident est régularisé et si la déclaration au FICP sera évitée ou, si elle a déjà été faite, mise à jour. Ne présumez pas qu’un paiement partiel suffit.
Si vous ne pouvez pas régler toute la somme dans le délai, contactez le prêteur sans attendre la dernière journée et proposez une solution réaliste. Un échéancier ou un paiement partiel n’empêche pas automatiquement une déclaration : demandez une confirmation écrite de ce que l’accord change pour l’incident et pour le fichage. Évitez de prendre un nouveau crédit coûteux pour payer les mensualités en retard.
FICP et interdiction bancaire liée aux chèques : quelle différence ?
Le FICP concerne certains incidents de remboursement de crédits aux particuliers. L’interdiction bancaire liée aux chèques répond à une autre situation, notamment l’émission d’un chèque sans provision qui n’a pas été régularisé, et relève d’un autre fichier. Les deux mesures ne sont donc pas interchangeables, même si elles sont toutes deux gérées dans le cadre des fichiers consultés par les établissements financiers.
Deux fichiers, deux types d’incidents
FICP
- Incidents caractérisés de remboursement de crédits.
- Peut concerner un crédit renouvelable impayé.
- Une inscription ne vaut pas interdiction générale d’utiliser un compte.
Interdiction liée aux chèques
- Incident lié à l’émission d’un chèque sans provision.
- Ne découle pas d’un simple impayé de crédit renouvelable.
- Relève de règles et d’un fichier distincts du FICP.
Notre lecture : Un retard de mensualité de crédit relève potentiellement du FICP, pas automatiquement d’une interdiction bancaire liée aux chèques. Vérifiez le fichier concerné avant d’engager une démarche.
Une inscription au FICP ne signifie pas non plus que votre compte bancaire est fermé ou que toute carte de paiement doit être retirée. En revanche, un prêteur qui consulte le fichier peut tenir compte de l’incident dans son analyse d’une nouvelle demande. Il conserve ses propres critères d’octroi et peut refuser un crédit, sans que le fichage soit une interdiction légale générale de contracter.
Comment vérifier si vous êtes inscrit ou contester une erreur ?
Commencez par demander au prêteur s’il a transmis une déclaration au FICP, à quelle date et pour quel incident. Faites cette demande par écrit et joignez les références du contrat. Le prêteur peut aussi vous confirmer si un paiement récent a été pris en compte et si une régularisation a été signalée.
Vous pouvez demander gratuitement à la Banque de France de vérifier votre propre situation au FICP, en suivant ses modalités d’accès et en justifiant votre identité. Cette démarche permet de confirmer l’existence d’une inscription. Pour comprendre le montant réclamé ou contester l’origine de l’incident, adressez-vous aussi à l’établissement qui a déclaré le crédit.
Si l’inscription vous paraît erronée, réunissez les relevés, les preuves de paiement et les courriers reçus, puis demandez une correction au prêteur déclarant. La Banque de France gère le fichier, mais ne tranche pas à la place du prêteur un désaccord sur l’existence ou le calcul de la dette. Pour les démarches détaillées en cas d’erreur, consultez notre guide sur la contestation d’une inscription au FICP.
En cas de désaccord persistant, formulez une réclamation auprès du service compétent du prêteur et gardez une copie de chaque pièce. Si vous avez reçu un acte judiciaire ou si une procédure est engagée, les délais de contestation peuvent être différents de ceux du traitement du FICP. Ne laissez pas un litige sur le fichier vous faire oublier les échéances ou les courriers relatifs à la dette.
Le fichage efface-t-il la dette et combien de temps dure-t-il ?
Non. Le fichage au FICP ne supprime pas les sommes dues et ne constitue pas un abandon de créance. Vous restez tenu de rembourser le crédit selon les obligations applicables, même si votre situation figure au fichier. L’inscription ne bloque pas non plus, à elle seule, toutes les démarches de recouvrement.
Pour un incident de remboursement, l’inscription peut durer au maximum cinq ans. Elle est radiée plus tôt lorsque les sommes dues sont intégralement remboursées. Après un règlement, vérifiez que le prêteur a bien transmis la mise à jour et demandez à la Banque de France de confirmer votre situation si nécessaire. Les démarches et la durée sont détaillées dans notre page sur la durée du fichage FICP pour un crédit renouvelable.
Si plusieurs dettes sont devenues impossibles à payer, ne vous limitez pas à négocier une seule mensualité. Une personne de bonne foi qui ne peut manifestement plus faire face à ses dettes non professionnelles peut déposer gratuitement un dossier auprès de la commission de surendettement de la Banque de France. Cette démarche répond à une situation plus large qu’un simple incident isolé et ne garantit pas une décision favorable.
Questions fréquentes
Peut-on être fiché au FICP après une seule mensualité impayée ?
Un seul impayé mensuel ne répond généralement pas au critère des deux échéances consécutives impayées applicable à un crédit remboursé chaque mois. Il peut toutefois entraîner des relances et des frais prévus au contrat, puis la situation peut évoluer si une nouvelle échéance reste impayée ou si d’autres sommes deviennent exigibles. Vérifiez le courrier du prêteur et demandez quel incident précis il retient.
Quel est le montant minimum d’impayé pour être fiché pour un crédit renouvelable ?
Il n’y a pas de montant minimal général de 500 euros lorsque le critère retenu est celui de deux mensualités consécutives impayées. Le seuil d’au moins 500 euros concerne une autre situation, lorsque des sommes exigibles restent impayées après une mise en demeure et le délai applicable. Le montant seul ne suffit donc pas : la nature de l’impayé et les dates comptent aussi.
Payer une seule des deux mensualités en retard évite-t-il le FICP ?
Pas nécessairement. Si une autre échéance reste impayée, l’incident peut ne pas être régularisé, et un paiement partiel ne met pas automatiquement fin à la procédure. Demandez au prêteur le montant exact à payer pour régulariser l’incident mentionné dans son avis, puis faites confirmer par écrit la prise en compte du règlement.
Le prêteur doit-il m’avertir avant de m’inscrire au FICP ?
Oui. Avant de déclarer l’incident, le prêteur doit vous informer par écrit de son intention de vous inscrire et vous laisser 30 jours calendaires pour régulariser. Cette information est distincte d’une simple relance de paiement. Si vous n’avez reçu aucun avis de ce type, demandez au prêteur la date et le mode d’envoi de l’information préalable.
Peut-on obtenir un crédit quand on est inscrit au FICP ?
Le FICP n’est pas une interdiction légale générale de souscrire un crédit. Toutefois, les prêteurs le consultent et peuvent tenir compte de l’inscription dans leur analyse de solvabilité, ce qui peut rendre l’obtention d’un nouveau crédit difficile. Aucun établissement n’est tenu d’accepter une demande. Souscrire un nouveau crédit pour payer un impayé peut aussi aggraver le coût et les difficultés.
Un fichage au FICP empêche-t-il d’utiliser sa carte bancaire ?
Non, une inscription au FICP ne bloque pas automatiquement votre compte bancaire ni votre carte de paiement. Elle signale un incident lié à un crédit et ne se confond pas avec l’interdiction bancaire liée à l’émission d’un chèque sans provision. La banque peut néanmoins examiner votre situation selon les règles qui s’appliquent au compte et aux moyens de paiement concernés.



